il etait une fois…j’ai rencontré une jeune fille qui m’a raconté une histoire. voila quelques petits morceaux…..
“Je suis un oiseau”, elle m’a dit, “qui est tombé de haut. Je traîne ma peine, une larme qui coule. J’ai dans la gorge une boule, comme une pierre qui roule, perdue l’innocence des jours, passés dans la cour de l’école. Du bonheur, j’en ai pas. Y en a que pour Pierre et Paul.”
J’ecoutais. Elle continuait.
“Jacques a dit “Cours”. Jacques a dit “Vole”. Mais pas le jour où je décolle. Jacques a dit “Cours”. Jacques a dit “Aime”. J’ai beau t’aimer, tu pars quand même. Jacques a dit “Marche”. Jacques a dit “Rêve”. Me fait tant marcher que j’en crève. Jacques a dit “Certes, je lui pardonne”. Jacques est un rêve, pas un homme.”
“et maintenant?”, je demandais
“Reste”, elle repondais, “Une mélancolie cachée sous mon manteau de pluie, qui traîne encore. Je ne sens plus le vent dans mes voiles. Dis-moi à quoi me sert mon étoile si je perds le Nord? Mes îles, je les ai méritées, mes ailes, je les ai pas volées. J’ai tout fait comme tu m’as dit, mais le rêve s’évanouit”
“Jacques a dit, certes, des tas de choses. Mais sur la vie, pas toutes roses. Jacques ne dit pas tout. Jacques ne dit mot. Jacques ne sait pas ce qu’on vit. Jacques ne sait pas que c’est tout gris.”
“Jacques a dit “Bois”. Jacques a dit “Mange”. Moi j’ai grandi, mais rien ne change. Jacques a dit “Vague”. Jacques a dit “S’cours”. Mais ne connaît rien à l’amour. Jacques a dit “Chante, c’est une vie”. Moi je déchante peu à peu. Jacques a dit “Certes, je lui pardonne”. Jacques est un rêve, pas un homme.”
c’etait fini, l’histoire. le silence prennait le siege entre nous.
avant partir, elle m’a demandait, “comment tu t’appelles? moi, je suis zazie.”